mercredi 18 février 2009

Obama signe le stimulus package


Après le vote tant attendu du Congrès vendredi dernier, Barack Obama a promulgué hier l'immense plan de relance de l'économie américaine, lors d'une cérémonie à Denver. Contrairement aux précédents présidents qui signaient les lois à la Maison Blanche, Obama a choisi Denver pour signer le stimulus package, terminant ainsi ses voyages aux Etats-Unis pour expliquer et promouvoir son plan.

787 milliards de dollars...Une victoire législative pour Obama, un mois à peine après son investiture, malgré l'opposition républicaine. Les républicains ont pourtant obtenu de faire passer le coût total du plan sous la barre des 800 milliards de dollars, soit moins que le projet approuvé par la Chambre le 28 janvier (819 milliards) et celui adopté mardi par le Sénat (838 milliards). Comment va être financé ce plan? Il est clair que la dette des Etats-Unis, déjà énorme après 8 ans de Bush, en prendra encore du plomb dans l'aile.

Bien sûr, les effets de ce plan ne se verront pas demain. La situation empire de jour en jour. Les trois grandes entreprises automobiles devraient présenter aujourd'hui un plan de relance de leur économie et redemander de l'argent du contribuable américain. General Motors est au bord du dépôt de bilan. Obama devrait aussi annoncer vendredi un plan pour éviter les expulsions des américains hors de leurs maisons. Wall Street s'est encore effondrée hier. Un nouveau Madoff a été découvert au Texas, la fraude s'élèverait à plus de 9 milliards de dollars. Le Congrès essaie actuellement de comprendre où sont passés les 1000 milliards de dollars donnés aux banques américaines: dans les bonus des dirigeants qui s'élevaient en 2007 à des millions de dollars? Dans des acquisitions d'autres banques étrangères avec l'argent du contribuable? Pour l'instant, rien n'est très clair.

Tout le système est à revoir...Mais les américains seront-ils prêts à se remettre en cause à ce point-là? Obama a encore du pain sur la planche...

Nouvelle visite à Baltimore

Depuis une semaine, Caroline et Alban ont la visite de Véronique et Florent, venus pour la première fois aux States. Ils avaient fait coïncider leur venue avec la fin de grossesse de Caroline, qui, pour l'instant, fait involontairement la grève de l'accouchement.

Au programme: Baltimore bien sûr, Washington DC of course, Annapolis, shopping, Eastern Shore, Great Falls en Virginie, puis The Big Apple demain pour 4 jours. Ils repartiront le 24 février, en espérant que le bébé aura montré le bout de son petit nez!!!!


jeudi 12 février 2009

The Wire


Cela fait plusieurs mois que nous nous passionnons pour une série télévisée. Ceux qui nous connaissent peuvent être effectivement surpris. Mais ce n'est pas n'importe quelle série! Hier, nous avons vu le dernier épisode.

"The wire" est une série politico-policière qui a été diffusée sur la chaîne HBO (équivalent de Canal + en France) de 2002 à 2008. 5 saisons qui présentent à travers un grand nombre de personnages le trafic de drogue, la corruption, la lutte policière, la politique sur Baltimore. La série a été écrite par un ancien policier de la ville et un ancien journaliste du Baltimore Sun, qui connaissent bien le problème. Elle est construite sur des portraits croisés de personnages ni bons ni gentils ni méchants ni mauvais. Chacun a ses défauts et ses qualités, plutôt des défauts même.

C'est ainsi que nous avons vécu pendant des mois avec Avon Barksdale, Stringer Bell, Proposition Joe, Marlo Stanfield et leurs lieutenants dans le trafic de drogue de East et West Baltimore. Nous nous sommes attachés à Bubbles, un addict de la coke, ou à Omar Little, un personnage qui fait peur et vole les trafiquants de drogue sans faire lui-même du trafic. Nous avons suivi toutes les enquêtes de la section criminelle et de la brigade des stupéfiants qui essaient vainement de tuer le trafic de drogue sur Baltimore. Mc Nulty, Greggs, Daniels, Lester Freamon...Tous font quelque chose de travers à un moment donné.

Chaque saison a un thème précis, tout en ne quittant pas la lutte contre le trafic de drogue
-la première saison met en place les personnages, l'enquête sur les grands dealers de drogue de Baltimore
-la deuxième saison quitte momentanément West et east Baltimore pour aller sur les docks du port et se rapprocher de la manière dont la drogue arrive en ville
-la troisième saison se concentre à nouveau sur le trafic de drogue et sur la volonté d'un des majors de la police de régler le problème. La politique et la corruption font encore plus irruption dans la série avec des personnages comme le futur maire de Baltimore
-la quatrième se concentre sur l'éducation, les écoles publiques, la politique. Elle est finalement la plus dure car aucun enfant ne s'en sort, chacun tombe dans la drogue ou la violence.
-la cinquième et dernière saison montre le lien entre la politique, la police et les médias. Elle se concentre plus sur le travail des journalistes du Baltimore Sun.
Bien sûr, dans tous les cas, le trafic de drogue reste le fil conducteur.

En dehors du fait que la série est tournée en totalité à Baltimore, qu'elle montre de façon très réaliste ce qui se passe dans la ville et que nous avons reconnu un certain nombre de quartiers, la manière dont elle a été réalisée nous a beaucoup plu. Chaque épisode tient le spectateur en haleine, il s'attache aux personnages, il veut savoir comment tous vont se sortir de là, même si ceux qui s'en sortent sont vraiment rares. "The wire" est d'ailleurs considérée comme l'une des meilleures séries américaines. Elle est aussi reconnue pour son réalisme proche du documentaire, ses ambitions artistiques, son approche anti-manichéenne, le travail et l'évolution de ses personnages et son exploration profonde de divers thèmes sociaux.


La fin de la 5ème et dernière saison reste sombre, triste et pessimiste: sur les images de Baltimore, le trafic de drogue reprend vigueur, des nouveaux dealers font leur apparition, les élèves ont du mal à s'en sortir, les politiciens sont tous corrompus, les juges et les avocats également. Tout reprend sa place, comme au début de la série.
"The wire" a été diffusée en France sous le nom de "sous écoute".

Oups...

Mardi dernier, en revenant de l'aéroport de Washington Dulles, où nous étions allés chercher la soeur de Caroline, nous avons vécu une expérience nouvelle. Nous roulions à "bonne allure" sur l'autoroute en Virginie qui nous ramenait vers Baltimore, et tout d'un coup, derrière nous, nous avons vu des lumières qui font mal aux yeux, et une sirène....OUPS....Les State Troopers de Virginie!!!!

Le State Trooper nous suivait depuis quelques temps, en voiture banalisée, et venait de nous forcer à nous arrêter sur le côté de la route pour nous contrôler pour.....excès de vitesse. Ne sachant que faire, nous sommes restés bien sagement assis à notre place dans la voiture. Le State trooper nous a d'abord observés de sa voiture pendant bien 5 mn, et s'est ensuite approché de la vitre d'Alban, au volant, la main sur son colt. Nous sommes loin de "gendarmerie nationale, papiers s'il vous plait", avec l'accent de préférence!!! Il est vrai que les conducteurs ont le droit en Virginie d'avoir une arme chargée dans la voiture. Il a demandé le permis d'Alban ainsi que les papiers de la voiture, puis est retourné dans sa voiture, les lumières toujours allumées, pour tout vérifier. Il est revenu 5mn plus tard, 5mn qui nous ont paru une éternité, avec un papier à signer. A la question, est-ce qu'Alban contestait le dépassement de vitesse, la réponse était non, bien sûr, nous étions en train de parler avec nos invités et nous n'avons pas fait attention à la vitesse...Nous sommes désolés.

Nous avions même pensé à un moment donné utiliser l'argument de la fin de grossesse de Caroline pour justifier l'excès de vitesse, mais...Mensonge Mensonge!!! Déjà comme ça, Alban a une convocation au tribunal le 26 mars prochain, devant un juge, pour reconnaître sa faute et payer une amende qui risque d'être importante (dans les 200 dollars environs pour un dépassement de 20 miles)

Oups...

mardi 10 février 2009

1ère conférence de presse d'Obama


Hier soir, en direct à la télévision, à 20h00, Barack Obama a tenu sa première conférence de presse depuis son investiture dans la salle des lustres de la Maison Blanche. Devant 150 journalistes américains et étrangers, il a réitéré la nécessité de voter très rapidement son plan de relance de 800 milliards de dollars. Pour cela, il a critiqué fortement les sénateurs républicains qui font de l'obstruction à son plan et qui ont contribué à augmenter la dette des Etats-Unis ces 8 dernières années.

Calme, mais le visage fermé, et sur un ton par moment un peu plus agressif, Obama a répondu aux questions des journalistes. Il a tout expliqué, en prenant les américains pour témoins: «598 000 personnes ont perdu leur emploi le mois dernier, l'équivalent de tous les emplois d'un Etat comme le Maine. Alors si quelqu'un a encore des doutes sur la gravité exceptionnelle de cette crise de grande ampleur, qu'il aille demander à l'un des millions d'Américains dont les vies ont été chamboulées parce qu'ils ne savent plus qui va leur donner leur prochain salaire», a-t-il dit, alors qu'il revenait tout juste d'un voyage d'une journée dans une petite ville de l'Etat d'Indiana, où le taux de chômage a triplé, passant en un an de 4,7% à 15,3. «C'est la pire crise depuis la grande dépression, nous avons perdu 6 millions d'emplois. La fête est terminée».

Dans un pays où l'assurance chômage n'existe pas et où les fonctionnaires sont une infime partie des américains, Obama a bien été obligé d'attaquer. Clair, concis, sans langue de bois, il s'est reposé sur une popularité exceptionnelle. Plus de 74% des américains lui font confiance et trouvent que son plan est une bonne chose.

A retenir, du point de vue français: la politesse et le respect que les journalistes avaient pour Obama, bien loin du ton agressif qu'ils peuvent utiliser en France, et le ton offensif d'Obama qui défendait ses décisions, son plan, sans langue de bois, en expliquant les choses, et en sachant que les américains comprendront.

Le congrès devrait voter le plan de relance cette semaine.

le college...dès la naissance

Ces derniers temps, nous avons été indirectement confrontés aux soucis premiers des américains lors d'une grossesse: le College...
Le College équivaut en France aux premières années d'Université jusqu'à la licence, bac +3, dirait-on. En aucun cas, les futurs parents français ne se posent la question de la fac ou même d'une école avant même que leur enfant soit né. Il y a le souci de la crèche, certes, mais c'est tout.

Ici, non. La dernière fois, dans l'ascenseur, un des résidents de l'immeuble nous a félicité pour le bébé, et nous a immédiatement demandé si nous avions ouvert un compte et mis de l'argent dessus pour le College. Aux cours de préparation à l'accouchement, il y avait dans le sac avec tous les magazines une pub pour les "College savings" de l'Etat du Maryland, un compte géré par l'Etat du Maryland, pour pouvoir économiser et payer le College des enfants. Dans le même style, sur le DVD d'explications sur les soins pour le bébé, sur son évolution, il y a également toute une pub à ce sujet.



Pouvoir envoyer son enfant dans un College, aux Etats-Unis, est synonyme de réussite sociale. Seuls 30% des américains font des études supérieures. Un semestre dans un College coûte en moyenne 30 000 dollars...Le semestre...C'est encore plus cher dans les college prestigieux comme Yale ou Harvard. Il n'est donc pas étonnant que les parents s'inquiètent dès la naissance de pouvoir payer les études supérieures de leurs enfants!!!!
www.collegesavingsmd.org

vendredi 6 février 2009

Obama face aux premiers problèmes

Deux semaines après son investiture, Barack Obama se heurte aux premiers problèmes d'être président. Les Etats-Unis ont détruit plus de 600 000 emplois rien que dans le mois de janvier, un record depuis que les statistiques du chômage existent. Le taux de chômage atteint les 7,6%. Dans cette conjoncture, Obama essaie vainement de faire voter son plan de relance le plus rapidement possible, mais le Congrès a encore décalé aujourd'hui le vote du plan. Obama a trouvé le report du vote inacceptable et irresponsable, tenant compte des derniers chiffres du chômage américain. Il demande au Congrès de réagir et d'agir.

Pour cause, les Républicains reprochent au plan de n'être basé que sur l'investissement et non la relance de la consommation. Ils veulent des réductions d'impôts plus importantes que celles prévues dans le plan. Finalement, cela nous fait un peu penser aux discussions actuelles en France sur le plan de relance du gouvernement.
Les deux plans ont effectivement des similitudes, ils sont basés tous les deux sur les investissements dans les infrastructures, ils sont tous les deux critiqués pour la même raison par les partis d'opposition, et doivent être tous les deux votés très rapidement pour essayer de relancer l'économie. Mais les discussions au sénat américain se sont dans le calme et la politesse.

Obama, tout comme Sarko l'a fait hier, va reprendre la route pour expliquer l'importance de son plan et essayer de convaincre en partie les républicains. Un exercice qu'il a pu rôder pendant sa campagne.