mardi 21 avril 2009

Obama ouvre le dossier de la torture


Il hésitait depuis quelques temps, il l'a finalement fait. Sous la pression des associations, de la commission du Sénat travaillant sur ce dossier et par souci de transparence, Barack Obama a autorisé jeudi dernier le département de la Justice à publier quatre documents secrets détaillant certaines techniques d'interrogation utilisées par des agents de la CIA sur des terroristes présumés entre 2002 et 2005, faisant état d'actes de torture maints fois répétés sur des prisonniers. Ces actes consistent à enfermer le prisonnier dans une pièce sans fenêtre, à le mettre nu, avec une couche et juste de l'eau pour s'alimenter, à lui donner des coups, à l'obliger à se tenir debout pendant des heures sans la possibilité de s'allonger un peu ou de dormir, à introduire des insectes dans la pièce, et à faire une simulation de noyade.

L'affaire fait grand bruit aux Etats-Unis. Car non seulement ces actes sont rendus publics, même si on savait qu'ils existaient, mais en plus, Barack Obama a ouvert la porte à des poursuites judiciaires contre ceux qui avaient décrété ces actes, en clair, contre l'administration Bush. Les démocrates se disent satisfaits, les républicains bien sûr font un tollé général et se rallient derrière l'ex-vice -président Dick Cheney. Ce dernier aurait même dit que ces actes assuraient la sécurité des Etats-Unis et qu'il fallait se remettre dans la perspective des attentats du 11 septembre. Par ailleurs, l'administration Bush ne reconnaissait pas ces actes comme étant des actes de torture.

Barack Obama n'a pas l'intention de faire des vagues, mais on sent vraiment un changement de politique à Washington DC. Obama caracole toujours en tête dans les sondages, 100 jours après son investiture. Malgré une crise économique sans précédent pour les Etats-Unis, la confiance reste forte et une forme d'optimisme nourrit l'approbation du président. 63 % des Américains approuvent son action, 2/3 saluent la nouvelle approche du Président. L'économie ne s'est pas retournée contre Obama. Si seulement 26 % des personnes interrogées estiment que les mesures prises par son administration ont permis d'améliorer leur situation, six sur dix soutiennent sa politique et restent patients. Ils commencent même à voir l'avenir de façon plus positive : selon AP, 48 % de la population pense que le pays est sur la bonne voie, contre 40 % en février.

Son souci de transparence pourra être également apprécié. Il faudra juste faire attention à ne pas faire de grand déballage...

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